5 signes que votre organisme à but non lucratif n'est pas prêt à adopter l'IA (et quoi faire)
- il y a 6 jours
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Par Marie-Eve | Virage
L'IA est partout. Vos employés l'utilisent déjà, que vous le sachiez ou non. ChatGPT pour rédiger des rapports. Les outils IA de Canva pour les communications. Copilot discrètement intégré à votre Microsoft 365.
La question n'est pas de savoir si l'IA entre dans votre organisation. Elle y est déjà.
La vraie question est la suivante : avez-vous une gouvernance en place pour la gérer de façon responsable?
Voici cinq signes que votre organisme n'est peut-être pas prêt, et quoi faire pour y remédier.
1. Vous n'avez pas de politique sur l'IA, et personne n'en demande une
Si votre conseil d'administration n'a pas encore abordé l'IA lors d'une seule réunion cette année, c'est un signal d'alarme. Non pas parce que l'IA est dangereuse, mais parce que vos employés prennent des décisions individuelles sans encadrement organisationnel.
Quand quelque chose dérape (une atteinte à la vie privée, un résultat biaisé, une communication aux donateurs qui tourne mal), vous regretterez de ne pas avoir eu un cadre en place.
✔️ Quoi faire : Mettez la gouvernance de l'IA à l'ordre du jour de votre prochaine réunion du conseil. Vous n'avez pas besoin d'une politique dès le départ. Vous avez besoin d'une conversation qui mène à une.
2. La direction générale est la seule personne dans la salle à comprendre l'IA
Les transitions de leadership sont l'un des moments les plus vulnérables pour toute organisation. Si votre directeur exécutif (ou votre directeur informatique) est le seul à savoir quels logiciels intègrent l'IA en interne ou comment l'organisation compte intégrer l'IA dans l'organisation... c'est problématique !
Si les connaissances en IA reposent sur une seule personne et qu'elle part, votre organisation perd son élan ou, pire, perd le contrôle des outils déjà en place.
✔️ Quoi faire : Documentez quels outils sont utilisés, par qui et à quelles fins. C'est la première étape de tout cadre de gouvernance de l'IA, et cela prend moins d'une journée à compléter.
3. Vous ne savez pas quelles données vos employés entrent dans les outils d'IA
Noms de clients. Notes de dossier. Données financières.
Ces informations se retrouvent dans des requêtes d'IA chaque jour dans des organismes à travers le Canada. La plupart des employés ne réalisent pas que cela crée de véritables risques pour la vie privée, particulièrement en vertu de la Loi 25 au Québec et de plus en plus selon les attentes fédérales.
✔️Quoi faire : organisez un petit bilan sur l'IA avec votre équipe. Demandez-leur : «Quels outils utilisez-vous ? » ou bien encore «Quelles informations y intégrez-vous dans les outils d'IA?» Vous pouvez même le faire sous forme de sondage anonyme pour que les participants s'expriment plus librement.
Les réponses vous surprendront et vous permettront d'identifier précisément les manquements que vous pourriez avoir à combler avec votre politique.
4. Vos bailleurs de fonds commencent à poser des questions sur l'IA, et vous n'avez pas de réponses
Les bailleurs de fonds gouvernementaux, les fondations et les grands donateurs commencent à inclure des questions liées à l'IA dans leurs processus de reddition de comptes et de diligence raisonnable.
Si votre organisation ne peut pas expliquer comment elle utilise l'IA de façon responsable, cette lacune vous coûtera cher.
✔️Quoi faire : rédigez une déclaration d'une page sur l'utilisation de l'IA. Pas besoin que ce soit compliqué. Il suffit de montrer que vous y avez réfléchi. Cela peut vous aider à sécuriser l'utilisation de l'IA au sein de votre organisation avant de vous attaquer à la mise en place d'une politique plus complète.
5. Vous croyez être "trop petit" pour avoir besoin d'une politique sur l'IA
C'est l'idée reçue la plus répandue que nous entendons. La taille de votre organisation ne réduit pas votre responsabilité envers les personnes que vous servez.
Un organisme de 25 employés qui gère des données sur des clientèles vulnérables a les mêmes obligations éthiques qu'un organisme de 200 personnes.
✔️ Que faire : Commencez par un cadre simple et adapté à la taille de votre organisation. Une politique de gouvernance de l'IA solide pour une petite association peut être élaborée à l'issue d'un atelier ciblé d'une demi-journée, qui aborde les principes fondamentaux de l'IA, dresse un état des lieux précis de l'utilisation actuelle de l'IA par votre personnel et permet de définir le cadre éthique de votre politique.
En résumé
La gouvernance de l'IA, ce n'est pas une question d'expertise technologique. C'est une question de leadership responsable.
Et la bonne nouvelle, c'est que vous n'avez pas à y arriver seul!
Chez Virage, nous aidons les organismes à but non lucratif canadiens à bâtir des cadres de gouvernance de l'IA concrets, sans jargon, sans surcharge et sans partir de zéro.
Vous voulez savoir où se situe votre organisation?
Contactez-nous pour en apprendre davantage (info@viragesolutions.org).
Marie-Eve est la fondatrice de Virage Solutions, une entreprise basée à Ottawa qui accompagne les organismes à but non lucratif et les PME dans les domaines de la gouvernance de l'IA, du développement du leadership et du renforcement des capacités organisationnelles. Elle propose ses services en français et en anglais à des organisations partout au Canada.


